Guide du jeune prof

Soutenir le moral des jeunes profs

16 mars 2007

Troisième

Ils m'énervent.

En rentrant, vendredi à 16 heures dans ma salle pour mon ultime cours de la semaine, je trouve des craies à moitié piétinées en vrac par terre.
Or, les troisième avaient eu cours là et ils adorent jouer avec les craies (abus de langage : certains troisième adorent-pas tous).
Je déteste.
Selon les gens qui nettoient, ma classe est l'une des plus propres du collège (mais je ne sais pas s'ils disent cela pour m'être agréable ou si c'est vrai).
Maîtrisant ma rage, je fais dignement cours aux quatrième, en essayant de ne pas faire peser sur eux le piods de cette colère. Puis, en fin de cours, je bloque la sorte des troisième (petit établissement, et je suis près de la sortie) et je demande à ceux qui je chope de nettoyer rapidement la salle, sinon j'en informe le directeur, qui, en pleine crise d'autorité, va sûrement coller ou exclure.

Réactions :

- Ahhhhh!

-Mais c'est pas moi, madame!

- C'est pas nous!!!

- c'est dégueulasse!

- Pourquoi je devrais nettoyer des trucs que j'ai pas fait?

- c'est nul.

- c'est lamentable.

- D'abord, il n'y a même pas de craies.

Je m'énerve. Je leur dis : ce n'est jamais personne, dans votre classe, personne ne parle, personne ne casse rien, et bien sûr ça n'est pas l'un d'entre vous, c'est logique, mais vu votre comportement en classe, vous êtes collectivement responsables du bazar, et apprendre à supporter les erreurs des autres ce n'est pas grave, ça vous apprend la vie (je ne leur demande pas de se faire tabasser à la place des autres).

Bref, ils rentrent, deux ou trois ramassent les craies, et une fille, bavarde notoire, gentille mais très gênante en classe, ressort en me lançant un regard écoeuré, du type "les profs sont vraiment des grands malades" et me dit, avec sincérité : "Madame.. il n'y avait même pas de craies." L'idée qu'elle soit arrivé sur les lieux après le nettoyage par les élèves qui l'y avait précédé ne lui a même pas effleuré l'esprit. Il est beaucoup plus cohérent de supposer que le prof est dingue ou cherche seulement à les emm... gratuitement.

Un autre élève m'a dit bon week end en secouant la tête comme on le fait devant - les élèves, justement, en mode "c'est à peine croyable de voir ça....".

Or, cette classe est l'une des plus catastrophiques du collège, ils sont très gentils mais ils ne travaillent que très sporadiquement, et à la chiourme uniquement, le désordre y est constant, et aucune ne peut avoir un petit recul pour se dire juste "Bon, allez on ramasse les craies", c'est tout.

D'autre part, ils sont très vite persuadés qu'on leur ment; j'ai été obligé de leur faire constater plusioeurs faits devant témoins, pour le leur prouver. Pour des broutilles. Ex : Tu n'as pas mis ton nom sur la copie. - Si, madame. - Non, enfin, ce n'est pas très grave mais regarde. - Ah oui, c'est vrai.

Et une fois dehors, après avoir rajouté le nom au stylo : "Elle est tarée, elle a dit que j'avais pas mis mon nom, elle est dingue!" pour garder la face et jouer à "les profs sont tous des cons".

J'avoue : j'ai du mal à supporter cela. A chaud, je n'ai qu'une seule envie : les frapper. leur faire subir la  même chose.

Aujourd'hui je suis plus calme et quand j'y réfléchis je ne vois là-dedans qu'une expression de la révolte adolescente. Solidarité et un sentiment de victimisation qui doit absolument s'exprimer. Donc, ne pas rentrer dans leur jeu. Je n'aborderai pas le sujet en classe, l'incident est clos, c'est-à-dire qu'il doit l'être, dans l'intérêt général, pour la pédagogie, parce que la vie ne doit pas s'arrêter à un mensonge d'enfants.

Posté par theophano à 07:51 - salle des profs (on se lâche) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


05 mars 2007

Dans la peau des élèves

Les élèves sont des adolescents, donc fragiles. Attention, ils peuvent être terribles aussi.
mais il faut absolument savoir relativiser leur comportement. La plus importnt est de ne pas le prendre contre soi. ils ne rient pas forcément du prof, et s'ils en rient, ce n'est pas forcément méchant.
Et s'ils rient du prof, s'ils rient de moi, pourquoi pas? Dois-je m'offenser de leur attitude?
La réaction naturelle est d'être blessé, je crois. En tout cas je l'ai longtemps été. Maintenant, il m'arrive de provoquer avec intention leur rire, ainsi ils savent que je peux rire de moi et cela désamorce la méchanceté de leurs rires.
Ils sont souvent très malheureux, ce qui n'excuse pas tout et ne doit pas tout faire accepter, mais permet de relativiser.

Posté par theophano à 12:59 - les élèves - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2007

Casser le leader négatif

Une méthode pour casser un élève, à ne pas utiliser trop souvent sinon ça ne marche plus.
Atention, il ne faut pas être méchant, juste précis et rappeler que si on ne peut pas faire son travail, l'élève rompt une règle.

Appeler l'élève et lui donner un travail à faire en classe, très simple et rapide, relatif à ce qu'il a fait.
Exemple : "je m'engage à ne plus chatouiller mon voisin".
Je soigne la formulation et je dis par exemple : "tu vas t'engager par écrit à ne plus chatouiller ton voisin en classe. Prends une feuille et écris."
L'élève obéit, car votre demande semble logique et facile.
Vous reprenez le cours.
Il vous l'apporte ou vous allez le chercher, selon le code que vous préférez.
Vous lisez et vous lui faites une remarque sur ce qu'il a écrit. pas sur l'orthographe ou sur l'écriture, mais sur la présentation (la page est arrachée du cahier, il n'a pas mis son nom, etc). Vous faites cela à voix haute et devant tout le monde. Comment ose-t-il vous donner cela? Si son engagement est sérieux, il doit écrire correctement, etc.
Vous lui ordonnez de recommencer.
Ensuite, quand il a fini, vous reprenez à nouveau la feuille et cherchez l'erreur, le nombre de fois suffisant, selon le besoin que vous avez de montrer votre pouvoir sur l'élève. Il doit vous rendre un travail propre et clair.
Tout cela doit être assez spectaculaire. Quand vous parlez, vous martelez vos phrases et vous prenez l'air offusqué. A la fin, vous devez être très satisfait et l'indiquer par votre attitude.

Posté par theophano à 12:50 - Comment prendre en main la classe? - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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