Guide du jeune prof

Soutenir le moral des jeunes profs

16 juin 2007

Fin d'année

La provocation, c'est dur à supporter. En ce moment, les élèves sont de moins en moins nombreux et de plus en plus désinvoltes voire insolents, vu que les conseils sont finis. l'un de mes challenge pour cette année était de ne pas m'énerver, pour ne pas me ridiculiser et perdre de l'énergie.
Quand un ado fait de la provoc, il ne faut pas perdre de vue que ce n'est qu'un ado, et trop le prendre à coeur. Un ado et la provoc, c'est comme un bébé qui pleure : ça fait partie du système.
D'un autre côté, trop de compréhension mène au laxisme, et l'ado peut croire que l'autorité ne s'applique plus. Il peut se sentir le champ libre, et ça c'est mauvais.
Pour l'instant, j'applique une version travaillée du système 1, 2,3. Je t'avertis une fois, deux fois, trois fois.
A la première attitude déplaisante ou insolence, je fais une remarque simple : ton attitude m'empêche de travailler correctement; comme on est en fin d'année, j'ajoute : nous faisons des activités plus cool, que proposes-tu? - Naturellement, il ne propose rien.
La deuxième fois je lui fais remarquer que c'est la deuxième fois.
La troisème fois je prends le carnet; j'ai ajouté hier que s'il n'était pas capable, à l'école, de se tenir correctement, et de respecter les activités, il irait s'expliquer avec le directeur, quitte à être renvoyé pour quelques jours; or, être renvoyé est une sanction, comptabilisable; la menace a fait son effet.
Je suis satisfaite : pas de colère, pas de cris, pas de bruit. La classe a travaillé en bourdonnant; c'était bien.
Ouf.
On va voir ce que ça donnera la semaine prochaine.


Posté par theophano à 18:40 - les élèves - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


09 mai 2007

Menteuse

L'une de mes élèves est vraiment très spéciale, perturbée, mais comme je ne suis pas psy je ne peux guère la décrire en terme technique.
Voici un incident :
Durant mon cours, qu'elle suit, elle dessine, en même temps. Il ne s'agit pas de simplement dessiner, elle veut que je la remarque, fait des mines, plisse les yeux, prend sa feuille et la regarde sous différents angles, se chuchote à elle-même de petits conseils...
Or, cette élève, que je connais bien (depuis trois ans), peut mettre un désordre terrible dans la classe. Parler avec elle, c'est perdre dix minutes, elle me prendra au piège d'un véritable dialogue de théâtre, insolent, spectaculaire, je sais qu'il vaut mieux lui laisser une marge de maneuvre. Je ne suis pas là pour lui clouer le bec, à elle, mais pour apprendre des trucs à 27 gamins.
Donc, je la laisse faire. Résultat : elle accentue son comportement.
La sonnerie de fin d'heure retentit, mais je les ai deux heures; ils sortent pour cinq minutes; je demande à la jeune fille de cesser de dessiner; elle ne dessine pas, me dit-elle; je lui montre la feuille, et elle affiche les signes d'une surprise excessive et outragée : Quoi? cette feuille-là? Et c'est à cause de ça que je m'imagine qu'elle dessine? Elle a fait ce dessin, oui, mais en français. D'ailleurs, elle a noté tout mon cours, elle peut me le montrer.
- je sais, lui dis-jen je t'ai vue. Tu as pris ton le cours, mais tu as dessiné en même temps.
Elle se lève, manifestant un bouleversement théâtral, et prend d'autres élèves à témoins :
- Dites-lui, mais dites-lui que j'ai dessiné en frnaçais et pas avec elle.
Les autres confirment.
Oui, dis-je, j'en conviens, elle a dessiné en français, mais aussi en histoire. Elle est au premier rang, sous mes yeux, je l'ai vue.
- Non, madame, me dit un élève. Elle l'a dessiné en français. Je vous assure.
Tout le monde s'est approché autour du bureau. La jeune fille explique la situation au nouveaux venus.
- Elle dit que j'ai dessiné en cours, alorsque j'ai dessiné en français. Elle se trompe, c'est parce qu'elle a vu mon dessin, mais je l'ai fait en français. (accentuant les effets dramatiques) J'en ai marre. On me dit qu'il faut queje fasse des efforts, j'en fait, et ça ne va pas, ça me retombe toujours dessus.
Elle s'assied, la tête posée sur ses bras, désespéré. Les élèves vont s'asseoir, en me regardant (ici, ils sont gentils) : madame.... c'était en français.... pas avec vous.
Je reste imperturbable, très fière de moi, car il y a deux ans j'aurais piqué une crise et on aurait perdu dut emps. Tout ce ci ne dure que deux à trois minutes. Je reprends le cours, isolant ma rage et ma colère dans un petit coin de moi pour savoir ce que je vais en faire.
Des mouvements ont lieu durant mon cours, regards, airs entendus, petits gestes : je les ai perdu, l'incident a déconcentré la classe. Hmmgrfffhh. Ma colère s'agite.
Quinze minutes avant la fin de la deuxième heure, je donne un travail à effectuer, prévu, et, très calme, je demande à la déléguée d'accompagner l'élève en question à l'administration. Mouvements; questions :
- Quoi? Qui? Pourquoi? Qu'est-ce qu'elle a fait?
Moi : L'attitude de X ne me paraît pas propice à maintenir une véritable ambiance de travail au sein de la classe, elle va donc travailler à l'extérieur.
La jeune fille, larmes aux yeux, prend son matériel et suit sa camarade comme une condamnée à mort.
Du coup, l'effet recherché est obtenu : l'agitatrice, dont aucun ne doute de la mauvaise foi, a reçu la juste punition, et tous  se mettent au travail avec bonne volonté. Je les ai retrouvé.
Ils travaillent, je passe dans les rangs, qui restent calmes, je donne des conseils, tout va bien. je suis même très satisfaite de ce que je lis en passant entre les tables.
Sonnerie de fin d'heure, midi.
Retour de la jeune fille, en larmes : le directeur l'a vue et veut que je rédige un rapport, elle sera peut-être exclue du collège. Les regards se tournent vers moi, pas une parole n'est prononcé, mais ils veulent dire : tout de même, madame!
car ils savent tous ou presque qu'elle ment, ma colère est justifiée, ma punition convenable, mais l'exclusion!!!
Enervée je remballe mes affaires, suivie par deux ou trois élèves qui ont des questions à me poser, qu'ils me posent par ailleurs tous ensemble, m'obligeant comme à chaque fois à leur demander s'ils croient que je peux comprendre trois questions posées en même temps sur trois sujets différents. Ils s'arrêtent tous de parler, car ils ne s'étaient pas rendus compte que d'autres me parlaient en même temps. Ils sont tous tellement le centre de leur monde qu'ils ne s'entendent même pas, au sens propre. Ils ne voient pas l'autre élève me parler, parce qu'eux seuls comptent pour eux.
Bref, je règle le problème avec l'administration, je sais faire, gérer mon direceur est pénible mais moins qu'une classe, et je retourne voir mon élève à qui j'explique qu'elle ne sera pas renvoyée mais que je ferai un autre rapport plus tard s'il le faut (menace qui plane pour maintenir suspens).

S'il vous plait vos commentaires! Soyez critiques, dites moi ce que vous auriez fait, etc.

Posté par theophano à 09:16 - les élèves - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2007

Dans la peau des élèves

Les élèves sont des adolescents, donc fragiles. Attention, ils peuvent être terribles aussi.
mais il faut absolument savoir relativiser leur comportement. La plus importnt est de ne pas le prendre contre soi. ils ne rient pas forcément du prof, et s'ils en rient, ce n'est pas forcément méchant.
Et s'ils rient du prof, s'ils rient de moi, pourquoi pas? Dois-je m'offenser de leur attitude?
La réaction naturelle est d'être blessé, je crois. En tout cas je l'ai longtemps été. Maintenant, il m'arrive de provoquer avec intention leur rire, ainsi ils savent que je peux rire de moi et cela désamorce la méchanceté de leurs rires.
Ils sont souvent très malheureux, ce qui n'excuse pas tout et ne doit pas tout faire accepter, mais permet de relativiser.

Posté par theophano à 12:59 - les élèves - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2007

Gérer un élève odieux

Il faut que je plonge dans mes souvenirs car depuis deux ans j'ai des classes très faciles.
Mais il y a deux ans, une élève terrible est arrivée en troisième.
Une fille, calme, assez grande, sportive, avec une grande violence potentielle.
Elle arrivait dans une classe très gentille. Elle a aussitôt eu un impact dévastateur. Les élèves ont été fasciné par son tranquille refus de l'école et de l'autorité.
J'ai réussi à m'en sortir, très péniblement, parce que je l'ai isolée.
J'explique.
Avec morgue, elle rentrait dans le conflit oral en classe. A éviter : l'affrontement entre un élève et un prof ne tournera pas forcément à votre avantage. Il faut l'éviter.
En plus, on tend à réagir comme l'autre :l'élève agressif vous emmène dans son agressivité et en fait il est sur son terrain (l'agressivité) et pas vous, donc vous gérez mal.
Enfin, vous gérez peut-être bien mais moi je gérais très mal l'agressivité d'Emilie. Elle m'a beaucoup appris, même si j'ai traversé une période horrible.
Ma méthode : réfléchir à haute voix (et dire presque tout).
Je ne dis pas que ça marche à tout coup mais moi ça m'aide.
- Bon. Emilie. Tu ne veux pas faire l'exercice que nous faisons tous. Bien. Je rappelle que je suis là pour vous faire étudier l'Histoire. Ton attitude est gênante, mais je ne veux pas perdre plus de temps. Nous gèrerons cela plus tard (il faut vraiment faire quelque chose après), sinon le cours ne pourra pas se poursuivre. revenons au sujet.
C'est un exemple, parce que je suis plus inspirée en classe. En fait, je cède. Mais je punirai ensuite.
Je peux dire aussi :
- Emilie, peux-tu me laisser faire mon travail?
Mais il faut "sentir" la situation, sentir que l'on peut faire appel au bon sens.

Posté par theophano à 12:37 - les élèves - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2007

respecter les élèves

Le respect des élèves est primordial.
Pas toujours évident. Je passe par des périodes où ils m'énervent. Ou bien je me sens mise en danger, même inconsciemment. Je deviens agressive, pas forcément devant eux mais en moi-même.
Ou bien je n'arrive pas à faire passer le message. Ils ne progressent pas. Je dois  me remettre en question mais dans l'urgence je n'y arrrive jamais.
Il ne faut jamais les blesser dans leur être parce qu'après on perd en crédibilité. Il faut les respecter, même si on a du mal.
Certains profs sont durs avec les élèves, ils leur en veulent parce qu'ils sont blessés, en fait, par leurs attitudes. Cela me paraît normal, mais dangereux.

Posté par theophano à 12:31 - les élèves - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1