15 novembre 2007
Profs
Les profs sont bizarres. Moi, je me casse toujours la tête. Je vois d'autres collègues le faire. Mais certains sont dignes de l'image qu'on a des profs, ils sont blasés, dégoûtés, ils montrent bien qu'ils ne font rien, cela me choque.
En tant que personnes, ils peuvent être très sympas. Ils peuvent avoir des paroles d'encouragement très agréables, parfois. Je pense à certains. (je sais, c'est pas clair, mais je ne veux pas l'être trop).
Comment expliquer.
Un collègue refait toujours les mêmes contrôles. Il dit que ça ne change rien. Pour les élèves c'est pareil. Or les élèves le savent; c'est vrai que bon, ils l'aiment bien, enfin, il n'y rien de terrible qui ressort. Il se fait respecter, ça va. Mais ça me choque. Je n'ose pas lui dire. Pourtant, je vois bien ce qu'il veut dire : les élèves ne vont pas mieux apprendre s'il change de cours. Ou peut-être que si? je n'arrive pas à savoir.
Paradoxalement, un de mes collègues que j'aime beaucoup, hyper sérieux, lui je le vois bosser, il réfléchità ses cours, il est exigeant, eh bien, à son sujet, je le sais, les élèves le détestent. Sur deux ans, je me suis rendu compte qu'ils parlaient de lui avec écoeurement. Justement parce qu'il est exigeant. D'un autre côté, il n'a pas en lui le petit truc qui fait que moi, je me moque qu'un élève n'aime pas ma matière. S'il n'aime pas, je ne le prend pas pour un con. Lui, il est énervé des mauvais élèves. Il dit de tel ou tel (que je connais) : il faut faire cours avec ça! Je suis d'accord avec lui que les élèves en question sont décourageant, moi aussi je déteste les avoir, mais du moment qu'ils ont à peu près du respect, je pardonne tout.
Je me rends compte que le sujet est vaste et je ne donnerai pas plus d'exemple.
Juste ça : ce prof qui refait avec indifférence les mêmes cours en attendant le week-end, les élèves ne disent trop rien. Mais celui qui se donne du mal, ils le détestent. Je suppose que c'est parce qu'ils ne se sentent pas "aimés" - ou respectés. Mais franchement, je me demande comment on peut respecter tous les élèves tout le temps. Moi, j'ai une attitude dont je suis contente, j'ai trouvé le truc, mais au fond de moi, je ne les respecte pas tous. Ils ne le voient pas, mais c'est le cas.
Avant, j'étais fière quand les élèves me disiant qu'avec moi ils sentaient que je me donnais du mal pour eux, que je faisais des cours différents, etc. je méprisais un peu (j'avoue) les collègues plus "paresseux". Maintenant, je relativise. Il y a des élèves faux-cul. En plus, même si certains rpofs "paresseux" sont peu appréciés des élèves, certains le sont : le problème n'est pas le fait de refaire ses cours. Il est ailleurs, dans quelque chose d'impalpable.
Je vais finir, plus le temps; mais un truc.
On est en début d'année. Je suis soucieuse de mes rapports avec les élèves. J'ai envie qu'ils apprécient les cours; ça fait partie du truc. Mais en fin d'année quand j'en avais marre, des profs me disaient que c'était bizarre de penser autant à ce que veulent les élèves. Et quand j'en avais marre, je ne voulais plus penser aux élèves. Je me donne du mal pour eux, eux s'en foutent (me disais-je). Je faisais les cours pour moi, plus autoritaire. Et ça marchait parfois! A n'y rien comprendre.
10 novembre 2007
Photocopieuse
Nous avons trois photocopieuses.
L'une, dans la bibliothèque, est cassée; nous la gardons tout de même, depuis trois ans, pour qu'elle ne se sente pas inutile, je suppose. Il ne faudrait pas, après toute ces années de service, qu'elle se sente malheureuse et rejetée.
L'ancienne, en face du secrétariat. Elle fait du bruit, elle est lente, et quand elle est fatiguée, elle imprime une bande plus claire au milieu. Si quelqu'un peut m'expliquer, ça me turlupine de savoir pourquoi.
La nouvelle, nous l'avons récupéré d'un autre bahut, lycée-collège du coin. Ils en avaient besoin d'une plus grosse, pas nous, alors ils nous l'ont donné. Faire des économies : c'est vrai, la France est pauvre. Elle est super, elle fait les recto-verso, elle imprime comme une fusée. Mais elle est en panne une semaine sur trois.
C'est que chez nous? Ou c'est partout?
23 juin 2007
Fin des cours
Aujourd'hui, c'était le dernier jour de cours. J'en avais marre, il n'y avait presque plus d'élève, je me suis peu montrée.
J'entends certaines personnes dire avec écoeurement : "ils ne font plus rien, cela ne sert à rien de les mettre!" C'est le cercle vicieux, les élèves ne viennent plus, on ne travaille donc plus de la même façon, on passe des films, ils sont six par classe, on fait quoi?
16 mars 2007
Troisième
Ils m'énervent.
En rentrant, vendredi à 16 heures dans ma salle pour mon ultime cours de la semaine, je trouve des craies à moitié piétinées en vrac par terre.
Or, les troisième avaient eu cours là et ils adorent jouer avec les craies (abus de langage : certains troisième adorent-pas tous).
Je déteste.
Selon les gens qui nettoient, ma classe est l'une des plus propres du collège (mais je ne sais pas s'ils disent cela pour m'être agréable ou si c'est vrai).
Maîtrisant ma rage, je fais dignement cours aux quatrième, en essayant de ne pas faire peser sur eux le piods de cette colère. Puis, en fin de cours, je bloque la sorte des troisième (petit établissement, et je suis près de la sortie) et je demande à ceux qui je chope de nettoyer rapidement la salle, sinon j'en informe le directeur, qui, en pleine crise d'autorité, va sûrement coller ou exclure.
Réactions :
- Ahhhhh!
-Mais c'est pas moi, madame!
- C'est pas nous!!!
- c'est dégueulasse!
- Pourquoi je devrais nettoyer des trucs que j'ai pas fait?
- c'est nul.
- c'est lamentable.
- D'abord, il n'y a même pas de craies.
Je m'énerve. Je leur dis : ce n'est jamais personne, dans votre classe, personne ne parle, personne ne casse rien, et bien sûr ça n'est pas l'un d'entre vous, c'est logique, mais vu votre comportement en classe, vous êtes collectivement responsables du bazar, et apprendre à supporter les erreurs des autres ce n'est pas grave, ça vous apprend la vie (je ne leur demande pas de se faire tabasser à la place des autres).
Bref, ils rentrent, deux ou trois ramassent les craies, et une fille, bavarde notoire, gentille mais très gênante en classe, ressort en me lançant un regard écoeuré, du type "les profs sont vraiment des grands malades" et me dit, avec sincérité : "Madame.. il n'y avait même pas de craies." L'idée qu'elle soit arrivé sur les lieux après le nettoyage par les élèves qui l'y avait précédé ne lui a même pas effleuré l'esprit. Il est beaucoup plus cohérent de supposer que le prof est dingue ou cherche seulement à les emm... gratuitement.
Un autre élève m'a dit bon week end en secouant la tête comme on le fait devant - les élèves, justement, en mode "c'est à peine croyable de voir ça....".
Or, cette classe est l'une des plus catastrophiques du collège, ils sont très gentils mais ils ne travaillent que très sporadiquement, et à la chiourme uniquement, le désordre y est constant, et aucune ne peut avoir un petit recul pour se dire juste "Bon, allez on ramasse les craies", c'est tout.
D'autre part, ils sont très vite persuadés qu'on leur ment; j'ai été obligé de leur faire constater plusioeurs faits devant témoins, pour le leur prouver. Pour des broutilles. Ex : Tu n'as pas mis ton nom sur la copie. - Si, madame. - Non, enfin, ce n'est pas très grave mais regarde. - Ah oui, c'est vrai.
Et une fois dehors, après avoir rajouté le nom au stylo : "Elle est tarée, elle a dit que j'avais pas mis mon nom, elle est dingue!" pour garder la face et jouer à "les profs sont tous des cons".
J'avoue : j'ai du mal à supporter cela. A chaud, je n'ai qu'une seule envie : les frapper. leur faire subir la même chose.
Aujourd'hui je suis plus calme et quand j'y réfléchis je ne vois là-dedans qu'une expression de la révolte adolescente. Solidarité et un sentiment de victimisation qui doit absolument s'exprimer. Donc, ne pas rentrer dans leur jeu. Je n'aborderai pas le sujet en classe, l'incident est clos, c'est-à-dire qu'il doit l'être, dans l'intérêt général, pour la pédagogie, parce que la vie ne doit pas s'arrêter à un mensonge d'enfants.
20 janvier 2007
Les rappeurs m'énervent
Bon, c'est pas bien, j'ai honte mais ils m'énervent, je n'ai aucune patience.
Dans l'une de mes quatrième il y a des rappeurs. Ils sont gentils, tous mes élèves sont gentils, mais ils sont exaspérants. Ils se la jouent, ils font du cinéma et j'en ai marre!!!
Je les trouve cons et j'ai beau penser de toutes mes forces que je ne valais guère mieux à leur âge, la seule vue de leur démarche au déhanché savamment étudié me met en rage. c'est bon pour moi. EN fait, je suis fatigué mais la rage me redonne la pêche. Je pose bruyamment le cahier de texte sur le bureau, je croise les bras, je les regarde s'asseoir avec insistance, d'autres élèves me regardent en riant, je ris aussi, je fais attention à ne pas les vexer (je ris "complice") MAIS ILS M'ENERVENT.